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Ouverture de l’acquisition carte au Maroc : ce qui change pour les commerçants

Décision 152/D/2024, calendrier 2025-2026, rôle des établissements de paiement : ce que l’ouverture de l’acquisition carte change pour un commerçant marocain.

Chari Group8 min de lecture

Pendant des années, accepter les paiements par carte au Maroc passait par un opérateur interbancaire unique. Ce n’est plus le cas. Par sa décision n° 152/D/2024 du 31 octobre 2024, le Conseil de la concurrence a rendu obligatoires des engagements qui ouvrent ce marché ; depuis le 1er mai 2025, les établissements de paiement et les filiales de banques dédiées à l’acquisition, dûment autorisés, peuvent y opérer. Pour un commerçant, la conséquence est simple : il existe désormais plusieurs interlocuteurs possibles, et la question « qui porte l’agrément, et pour quoi faire ? » devient la première à poser. Cette analyse reprend les textes officiels, sans les interpréter, et situe le groupe Chari dans ce paysage.

L’acquisition carte, de quoi parle-t-on ?

Quand un client paie par carte, plusieurs acteurs interviennent. La banque qui a émis la carte autorise ou refuse l’opération. L’acquéreur, lui, accepte la transaction pour le compte du commerçant : c’est l’activité d’acquisition carte. Entre les deux, une passerelle ou un prestataire de services de paiement fournit la page de paiement, l’authentification et les outils qui permettent au commerçant de suivre ses encaissements.

Ces rôles sont souvent confondus, parce qu’un commerçant ne voit qu’une page de paiement et un relevé. Ils ne relèvent pourtant pas des mêmes contrats ni des mêmes autorisations. C’est précisément le rôle d’acquéreur que la décision du Conseil de la concurrence a rouvert à de nouveaux acteurs.

Ce qu’ont décidé les autorités

La décision n° 152/D/2024 du 31 octobre 2024

Par sa décision n° 152/D/2024 du 31 octobre 2024, le Conseil de la concurrence a rendu obligatoires des engagements portant sur l’acquisition carte — accepter les transactions par carte pour le compte des marchands —, un marché jusque-là marqué, selon ses termes, par une situation de quasi-monopole. Selon le communiqué conjoint de juillet 2026, ces engagements portaient notamment sur l’ouverture de ce marché à de nouveaux opérateurs, selon un calendrier précis.

Le 1er mai 2025 : de nouveaux acteurs peuvent opérer

Le communiqué du Conseil du 19 mai 2025 indique que les établissements de paiement et les filiales des banques dédiées à l’acquisition, dûment autorisés, peuvent opérer sur ce marché dès le 1er mai 2025, et que la période transitoire prend fin le 1er novembre 2025. Autrement dit, l’acquisition carte n’est plus réservée à un seul acteur : un établissement de paiement autorisé peut proposer ce service aux commerçants.

Le 10 juillet 2026 : le bilan conjoint avec Bank Al-Maghrib

Le communiqué conjoint du Conseil de la concurrence et de Bank Al-Maghrib du 10 juillet 2026 décrit « la transition d’un modèle mono-acquéreur vers une architecture multi-acquéreurs ». Il rappelle que la décision exigeait la cession de l’intégralité du portefeuille de contrats commerçants de l’ancien opérateur, au plus tard le 31 janvier 2026 pour les contrats privés et le 30 avril 2026 pour les contrats publics.

DateÉtapeSource
31 octobre 2024Décision n° 152/D/2024 : engagements rendus obligatoiresConseil de la concurrence
1er mai 2025Les établissements de paiement et filiales dédiées, dûment autorisés, peuvent opérerCommuniqué du 19 mai 2025
1er novembre 2025Fin de la période transitoireCommuniqué du 19 mai 2025
31 janvier 2026Cession des contrats commerçants privés de l’ancien opérateurCommuniqué conjoint du 10 juillet 2026
30 avril 2026Cession des contrats commerçants publicsCommuniqué conjoint du 10 juillet 2026

Qui sont les établissements de paiement ?

Les établissements de paiement sont une catégorie créée par la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés. Nous citons le texte sans l’interpréter ni en tirer de promesse. Son article 11 range les établissements de paiement parmi les organismes assimilés aux établissements de crédit. Son article 16 énumère les services de paiement, parmi lesquels les transferts de fonds, les dépôts et retraits en espèces sur un compte de paiement, les paiements par carte et les virements portant sur des fonds placés sur un compte de paiement. Son article 18 interdit à toute personne non agréée comme établissement de crédit ou de paiement d’effectuer ces services à titre de profession habituelle, sous réserve des exceptions prévues.

L’agrément est délivré par le wali de Bank Al-Maghrib après avis du comité des établissements de crédit, et la décision est publiée au Bulletin officiel (article 34). Bank Al-Maghrib établit et tient à jour la liste des établissements agréés et en publie les modifications au Bulletin officiel (article 48).

Combien sont-ils ? Sur sa page Structure du système bancaire, consultée le 2 octobre 2026, Bank Al-Maghrib indique qu’à fin 2024, 93 établissements de crédit et organismes assimilés étaient agréés au Maroc, dont 18 établissements de paiement. Nous ne reproduisons aucun nom : une liste recopiée vieillit, la publication officielle fait foi.

Ce que cela change pour un commerçant

Pour une boutique, un restaurant ou un site de vente, l’ouverture du marché se traduit d’abord par un choix. Plusieurs acteurs peuvent désormais proposer l’acceptation des cartes, avec des offres, des outils et des parcours différents. Comparer devient possible ; encore faut-il comparer les bonnes choses. Avant de signer, cinq questions aident à y voir clair :

  1. Quelle entité porte l’agrément, et dans quelle catégorie ? Le nom d’une marque ne suffit pas : c’est l’établissement qu’il faut identifier.
  2. Pour quelle activité cette entité est-elle autorisée, et qui accepte effectivement vos paiements par carte ?
  3. Sur quel compte l’argent arrive-t-il, à quel nom, et quand est-il utilisable ?
  4. Quels moyens de paiement sont acceptés, et le client peut-il payer autrement qu’en carte ?
  5. Quels outils recevez-vous pour suivre, rembourser et rapprocher vos encaissements ?

Le guide de ChariPay pour choisir une plateforme de paiement au Maroc détaille ces critères. Dès qu’il s’agit de qualifier juridiquement un contrat ou une activité, votre conseil reste seul à pouvoir se prononcer.

La place du groupe Chari dans ce paysage

Le groupe Chari compte un établissement de paiement : Chari Money, agréé par Bank Al-Maghrib. C’est lui qui porte l’agrément, pas le groupe ni ses marques. Il opère ChariPay, la solution de paiement des commerçants du groupe, et propose une infrastructure fintech en marque blanche à des partenaires, sous réserve de l’approbation de Bank Al-Maghrib.

ChariPay est une plateforme de paiement marocaine, un PSP opéré par Chari Money, établissement de paiement agréé par Bank Al-Maghrib. Elle encaisse par carte — Visa, Mastercard et Maroc Pay par défaut, avec 3-D Secure — et, sur la page d’un lien de paiement à usage unique, en espèces dans une agence du réseau Chari. La page de référence de ChariPay sur le PSP au Maroc explique ce que couvre un agrément et comment le lire. Dans un marché qui s’ouvre, la question « qui porte l’agrément ? » compte d’autant plus : pour ChariPay, la réponse est Chari Money.

Au-delà du paiement en ligne, le groupe travaille aussi le dernier kilomètre : le réseau d’agents de Charicash apporte des services financiers de proximité, et notre article sur les espèces et le paiement numérique montre comment les deux mondes cohabitent au comptoir.

Ce que ces textes ne disent pas

Les communiqués officiels décrivent une ouverture du marché et un calendrier. Ils ne publient pas de part de marché, ne désignent pas de gagnant et ne disent pas quel acteur est le mieux placé pour un commerçant donné. Nous nous en tenons à ce qu’ils disent. Pour le reste — tarifs, délais, conditions — la seule source fiable est la proposition écrite du prestataire, à relire avec votre conseil.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’acquisition carte ?

C’est l’activité qui consiste à accepter les transactions par carte pour le compte des commerçants. La banque qui a émis la carte autorise le paiement ; l’acquéreur l’accepte pour le marchand. Une passerelle ou un prestataire de services de paiement fournit la page de paiement et les outils de suivi. Ces trois rôles peuvent être tenus par des acteurs différents.

Qu’a changé la décision n° 152/D/2024 ?

Par cette décision du 31 octobre 2024, le Conseil de la concurrence a rendu obligatoires des engagements qui ouvrent l’acquisition carte à de nouveaux opérateurs. Depuis le 1er mai 2025, les établissements de paiement et les filiales de banques dédiées à l’acquisition, dûment autorisés, peuvent opérer sur ce marché ; la période transitoire a pris fin le 1er novembre 2025.

Combien d’établissements de paiement sont agréés au Maroc ?

Selon la page Structure du système bancaire de Bank Al-Maghrib, consultée le 2 octobre 2026, 93 établissements de crédit et organismes assimilés étaient agréés à fin 2024, dont 18 établissements de paiement. Les agréments plus récents et les modifications de la liste sont publiés au Bulletin officiel, qui fait foi.

Le groupe Chari est-il un acquéreur ?

Le groupe compte un établissement de paiement, Chari Money, agréé par Bank Al-Maghrib, qui opère ChariPay. Les textes cités ici ne nomment aucun acteur, et nous n’en tirons aucune conclusion sur le statut d’acquéreur de quiconque. Pour savoir qui accepte vos paiements par carte, demandez-le par écrit à votre prestataire.

Que doit vérifier un commerçant avant de choisir un prestataire ?

Le nom exact de l’entité agréée et sa catégorie, l’activité pour laquelle elle est autorisée, le compte sur lequel l’argent arrive et à quel nom, les moyens de paiement acceptés et les outils de suivi fournis. La liste officielle de Bank Al-Maghrib et le Bulletin officiel font foi, pas une page commerciale.

Sources

Acquisition carte au Maroc : ce que change l’ouverture | Chari Group